Dans l’univers des arts asiatiques, la porcelaine chinoise occupe une place à part. Si toutes les périodes de production fascinent les collectionneurs, l’ère Kangxi (1662-1722) se distingue par une excellence technique et artistique qui continue de captiver le marché en 2026. Le bleu et blanc de cette période, en particulier, connaît un regain d’intérêt spectaculaire qui propulse les prix vers de nouveaux sommets. Mais qu’est-ce qui explique cet engouement renouvelé pour ces céramiques vieilles de trois siècles ?
L’âge d’or de la porcelaine chinoise
Le règne de l’empereur Kangxi (1662-1722) est considéré par de nombreux experts comme « l’âge d’or » des porcelaines Qing, notamment pour les céramiques bleues et blanches [1]. Cette période de soixante ans a vu d’énormes changements dans la production de porcelaine, avec l’arrivée en 1683 de Zang Yingxuan, directeur de la production impériale à Jingdezhen, qui relance les fours après une période d’instabilité [1].
Une évolution stylistique remarquable
Sous le règne de Kangxi, les porcelaines évoluent du caractère robuste des pièces de la fin de la période de Transition aux riches opulences du milieu de la période Kangxi, pour finalement céder la place au goût plus raffiné et subtil des porcelaines ultérieures, marquant le début de l’ère Yongzheng [1]. Cette évolution témoigne d’une maîtrise technique toujours plus poussée et d’une recherche esthétique constante.
L’objectif prédominant de l’empereur Kangxi semble avoir été de rétablir des normes de qualité depuis longtemps perdues et d’employer des techniques anciennes de manière nouvelle [1]. Dès le début de son règne, l’empereur engage un peintre talentueux, Liu Yuan (1638-1685), pendant une décennie pour créer des designs renouvelés [1]. Cette volonté d’innovation dans le respect de la tradition explique en grande partie la qualité exceptionnelle des porcelaines de cette période.
Le cobalt du Zhejiang : un bleu incomparable
Les fours Qing utilisaient principalement des matières premières locales, et les céramiques bleues et blanches de Kangxi utilisaient le cobalt du Zhejiang [1]. Cette provenance particulière du cobalt confère aux porcelaines Kangxi leurs nuances de bleu caractéristiques, allant du bleu pâle au bleu profond, avec une clarté et une intensité qui les distinguent des productions antérieures et postérieures.
Un marché en pleine effervescence en 2026
L’explosion des prix
Le marché de l’art asiatique s’impose actuellement comme l’un des plus dynamiques au niveau mondial, porté par la croissance économique de la Chine et du Vietnam [2]. Les porcelaines chinoises, et plus particulièrement celles de l’époque Kangxi, atteignent régulièrement des prix records lors des ventes aux enchères publiques.
Les chiffres sont éloquents : alors qu’une porcelaine Qing se vendait 10 000 € en 2000, certaines atteignent aujourd’hui 100 000 € [3]. Les pièces exceptionnelles dépassent largement ces montants. En 2018, Sotheby’s Hong Kong s’attendait à une adjudication de près de 20 millions d’euros pour un bol rarissime de la dynastie Qing utilisé par l’empereur Kangxi dans les années 1720, l’un des trois seuls connus au monde [4].
Une demande soutenue par les collectionneurs internationaux
En 2025, le marché des porcelaines asiatiques continue d’afficher un engouement notable [5]. Les pièces de qualité, dotées d’une bonne provenance et en bon état de conservation, suscitent un fort intérêt chez les collectionneurs internationaux avec des estimations de prix entre 500 euros pour les plus communes et plus de 20 000 000 d’euros pour les provenances impériales [5].
Plusieurs facteurs expliquent cette vitalité du marché :
- Rareté et provenance : Les porcelaines dotées d’un pedigree connu ou issues de collections renommées continuent d’obtenir des prix supérieurs aux estimations [5]
- État de conservation : Les pièces sans restauration majeure et présentant un décor net suscitent une concurrence accrue entre enchérisseurs [5]
- Intérêt international : Les acheteurs asiatiques, américains et européens se disputent les pièces les plus recherchées, ce qui entretient la hausse du marché [5]
Le bleu et blanc : un incontournable du marché
Les périodes les plus recherchées
Selon l’experte Marine Bassal Biron, « la porcelaine chinoise du milieu du XVIIIe siècle, période de transition entre les Ming et les Qing est toujours recherchée. C’est du bleu et blanc classique, mais à ce moment politiquement un peu instable, les artistes ont eu beaucoup plus de liberté dans leur création, leurs pièces sont souvent étonnantes » [6].
Les porcelaines bleues et blanches atteignent des sommets pour les périodes les plus prisées :
- Époque Yuan (1271-1368) : Les plus chères. En juillet 2005, une jarre de porcelaine bleu blanc rare a été adjugée pour 18 260 000 euros à Londres [7]
- Dynastie Ming (1368-1644) : Notamment sous le règne de l’Empereur Yongle. Un vase de forme meiping à décor bleu blanc sous couverte a été adjugé 4 550 000 euros en juin 2021 [7]
- Dynastie Qing (1644-1912) : Les objets produits sous les règnes de Kangxi, Yongzheng et Qianlong sont particulièrement disputés aux enchères [7]
Les résultats récents pour les porcelaines Kangxi
Les résultats des ventes aux enchères témoignent de la vitalité du marché pour les porcelaines Kangxi :
- Un grand vase en porcelaine bleu blanc pourvu d’une marque à 6 caractères de l’époque Kangxi a été adjugé 78 000 euros pour un prix d’estimation entre 12 000 et 18 000 euros [7]
- Une paire de potiches chinoises couvertes du XVIIe siècle en porcelaine de la famille verte à décor dans des réserves de branchages fleuris et feuillagés a été adjugée 137 200 euros [8]
- En novembre 2022, une collection de porcelaines chinoises mettant à l’honneur la Compagnie des Indes aux époques de Kangxi et de Qianlong a totalisé 130 867 euros [9]
Ces résultats démontrent que même des pièces non impériales peuvent atteindre des prix substantiels lorsqu’elles présentent une qualité exceptionnelle.
Reconnaître une authentique porcelaine Kangxi
Les caractéristiques distinctives
Les collectionneurs et experts ont développé plusieurs méthodes pour différencier la porcelaine bleue et blanche chinoise de l’époque Kangxi des pièces de transition antérieures [1] :
Les motifs décoratifs : Dans les scènes extérieures des pièces de transition, l’herbe est toujours représentée avec des formes en « V », tandis que les pièces Kangxi présentent des variations plus naturalistes [1].
La peinture : Dans le cas des pièces plus fines de porcelaine de transition, la peinture de figures est « plus serrée » que celle des céramiques bleues et blanches de l’époque Kangxi [1]. Les porcelaines Kangxi montrent généralement une plus grande fluidité dans le trait.
Les formes : La plupart des formes des porcelaines de l’époque Kangxi tendent à être normalisées, élégantes, axées sur le goût des lettrés et reflètent la noblesse de la céramique impériale [1]. Les formes classiques incluent le vase Guanyin, le vase-maillet, le vase en forme de gobelet, le pot Taibai, et le vase en forme de feuille de saule [1].
Les marques : un élément crucial mais complexe
L’identification des marques est un aspect fondamental mais délicat de l’authentification des porcelaines Kangxi. La seule marque authentique à quatre caractères, « Kangxi Nian Zhi », est terminée dans un carré à double ligne et est utilisée exclusivement pour les pièces décorées en atelier impérial, le plus haut niveau de porcelaine impériale [1].
Attention aux faux : Toutes les marques Kangxi à quatre caractères sans bordure datent de la période Guangxu (1875-1908) lorsque les marques à quatre caractères en écriture régulière étaient largement utilisées [1]. Cette information est cruciale pour éviter les erreurs d’attribution.
Pendant la période Kangxi, l’utilisation des marques de règne a été restreinte en raison de la situation politique. On trouve donc souvent des symboles alternatifs comme des représentations de feuilles d’artemisia, de champignons lingzhi, de brûleurs d’encens, ou d’autres symboles bouddhistes [10].
La porcelaine d’exportation
Sous l’empereur Kangxi, le commerce d’exportation a été rouvert et a commencé à prospérer. Après environ 1680, les commerçants européens ont repris leurs achats actifs de porcelaines après la réorganisation des fours à Jingdezhen [1]. La porcelaine d’exportation chinoise à partir de la fin du XVIIe siècle comprenait principalement des céramiques bleues et blanches ainsi que des céramiques de la famille verte [1].
Ces porcelaines d’exportation, souvent commandées spécifiquement pour le marché européen, présentent parfois des décors adaptés aux goûts occidentaux, comme des armoiries familiales ou des scènes inspirées de l’iconographie chrétienne. Elles constituent aujourd’hui un segment de collection à part entière, très recherché par les amateurs de porcelaine de la Compagnie des Indes.
Les différentes catégories de porcelaines Kangxi
Le bleu et blanc classique
C’est la catégorie la plus emblématique. Le décor est réalisé au cobalt sous couverte, créant ce bleu caractéristique qui va du pâle au profond. Les thèmes représentés incluent :
- Paysages : scènes de montagnes, rivières, pavillons et personnages
- Motifs floraux : pivoines, chrysanthèmes, lotus
- Scènes narratives : épisodes historiques ou littéraires
- Animaux : dragons, phénix, lions bouddhiques
- Motifs géométriques : frises, lambrequins, treillis
La famille verte
Développée pendant la période Kangxi, la famille verte utilise des émaux sur couverte dans une palette dominée par le vert, avec du rouge, du jaune, du violet et du bleu [11]. Cette technique permet des décors plus colorés et plus riches que le simple bleu et blanc. Les pièces de famille verte Kangxi peuvent atteindre des prix très élevés, comme le montre l’exemple de la paire de potiches adjugée à 137 200 euros [8].
Les pièces impériales vs les pièces d’exportation
Une distinction essentielle existe entre :
- Les porcelaines impériales : destinées à la cour, marquées des sceaux impériaux, d’une qualité exceptionnelle
- Les porcelaines de qualité supérieure : non impériales mais de très haut niveau
- Les porcelaines d’exportation : destinées au marché occidental, adaptées aux goûts européens
- Les productions courantes : pour le marché chinois domestique
Chaque catégorie a son propre marché et ses propres collectionneurs.
Investir dans la porcelaine Kangxi en 2026
Les fourchettes de prix
Le marché de la porcelaine Kangxi présente une gamme de prix extrêmement large :
- Entrée de gamme (500-5 000 €) : petites pièces d’exportation, assiettes, bols, pièces avec défauts mineurs
- Milieu de gamme (5 000-50 000 €) : pièces de belle qualité, vases de taille moyenne, plats importants, porcelaines de famille verte
- Haut de gamme (50 000-500 000 €) : grandes pièces exceptionnelles, décors rares, provenance documentée
- Très haut de gamme (500 000 € et plus) : pièces impériales, provenance palatiale, exemplaires uniques
Cette accessibilité relative du bas et milieu de gamme permet à de nombreux collectionneurs de débuter une collection de porcelaines Kangxi authentiques.
Les critères d’une bonne acquisition
Pour investir judicieusement dans la porcelaine Kangxi, plusieurs critères doivent être pris en compte :
L’authenticité : C’est le critère absolu. Avec la hausse des prix, les contrefaçons sont devenues plus nombreuses et sophistiquées [3]. L’expertise professionnelle est indispensable.
L’état de conservation : Les imperfections comme les sautes d’émail, les petites rayures et les cheveux peuvent être perçues comme des signes d’authenticité sur les pièces anciennes [7]. Cependant, les restaurations importantes diminuent considérablement la valeur.
La provenance : Une histoire documentée augmente significativement la valeur. Les pièces issues de collections prestigieuses, de musées, ou avec un historique d’achat clair sont privilégiées [5].
La qualité du décor : Plus un décor comporte de personnages et de couleurs, plus la valeur de la pièce sera grande [12]. La finesse d’exécution, la richesse du décor et l’harmonie des proportions sont essentielles.
La rareté : Les formes inhabituelles, les décors rares ou les pièces avec des marques impériales authentiques commandent des prix supérieurs.
La taille : Les pièces monumentales destinées aux palais ou aux temples sont généralement plus cotées que les objets de dimension modeste.
Le marché en 2026 : tendances et opportunités
La domination des collectionneurs asiatiques
Le marché est principalement tiré par les collectionneurs asiatiques, notamment chinois, qui recherchent activement leur patrimoine culturel [6]. Cette demande soutenue maintient les prix à des niveaux élevés et crée une compétition internationale lors des grandes ventes.
L’expert Jean Gauchet observe : « Ce marché des arts d’Asie est très fluctuant, il bouge d’une année sur l’autre. Le domaine phare reste à mon avis la porcelaine ancienne. Et depuis quelque temps je remarque que les pièces de qualité moyenne, datées du XIXe siècle sont en perte de vitesse alors que les beaux objets rares et plus anciens ne cessent de monter » [6].
Une attention accrue des musées
Les grandes institutions rachètent des pièces pour enrichir leurs collections [3]. Cette institutionnalisation de la porcelaine Kangxi comme bien culturel majeur soutient et légitime le marché, tout en retirant progressivement des pièces exceptionnelles de la circulation commerciale.
Les meilleures opportunités
Pour les collectionneurs avisés, plusieurs segments offrent des opportunités intéressantes en 2026 :
Les porcelaines d’exportation : Moins cotées que les pièces impériales, elles offrent néanmoins une qualité remarquable pour des prix plus accessibles. Les pièces destinées au marché français ou belge, parfois avec des armoiries locales, présentent un intérêt particulier.
Les pièces de transition : Comme le note Marine Bassal Biron, les verseuses à décor de tulipes feuillagées peuvent s’acquérir pour 800 à 1 000 euros pièce [6], offrant une porte d’entrée abordable.
Les petits objets : Tasses, soucoupes, petits bols peuvent constituer le début d’une collection cohérente sans investissement initial massif.
Les pièces avec défauts mineurs : Une égrenure de cuisson, une fêle ancienne peuvent réduire significativement le prix tout en conservant l’intérêt historique et esthétique.
Les pièges à éviter
La menace des contrefaçons
Le marché de la porcelaine chinoise est l’un des plus envahis par les contrefaçons [3]. En 2019, une porcelaine « impériale » du XVIIIe siècle a été adjugée à 4 millions d’euros avant que l’acheteur ne découvre qu’il s’agissait d’une copie moderne [3].
Les faussaires utilisent diverses techniques pour imiter les imperfections authentiques, comme frotter une pierre sur la pièce [7]. Seule une expertise professionnelle peut déjouer ces stratagèmes.
Les copies anciennes honorables
Toutes les copies ne sont pas nécessairement frauduleuses. Certaines pièces de la période Guangxu (1875-1908) sont des « revivals » Kangxi de qualité [10], réalisés dans le respect des techniques anciennes. Ces pièces ont leur propre valeur historique et ne doivent pas être confondues avec les faux modernes.
Les imitations européennes du XIXe siècle (Sèvres, Meissen) sont également collectionnées pour leur qualité propre [3]. Il est important de bien identifier ces pièces pour ce qu’elles sont.
Les restaurations cachées
Les préoccupations concernant les restaurations non déclarées sont grandissantes [7]. Une lampe de Wood permet de mettre en évidence les restaurations anciennes et les repeints [13]. L’utilisation de cette technique lors de l’expertise est recommandée.
S’entourer de professionnels
Les experts reconnus
Face à la complexité du marché et aux risques de contrefaçon, l’expertise professionnelle est indispensable. Plusieurs experts de renom se sont spécialisés dans les porcelaines chinoises :
- Jean Gauchet : Membre de l’Oriental Ceramic Society de Londres et expert en art asiatique pour la Chambre européenne des experts-conseil en œuvre d’art à Paris (CECOA) [2]
- Marine Bassal-Biron : Spécialiste en arts asiatiques parlant couramment chinois [13]
- Les cabinets d’expertise : Cabinet Portier, spécialistes associés aux grandes maisons de vente [9]
Les maisons de vente spécialisées
Plusieurs maisons de vente se sont particulièrement distinguées dans le domaine des arts asiatiques :
Millon : Seule maison occidentale présente au Vietnam, organise des enchères en duplex entre Paris et Hanoï [14]. Un vase Tianqiuping Chine époque Yongzheng, XVIIIe siècle a été adjugé 1 million d’euros [2].
Beaussant Lefèvre & Associés : Organise des ventes d’Arts d’Asie depuis 1990 en partenariat avec le Cabinet Portier. En 2020, deux rares albums chinois Yongle Dadian ont été vendus 8 128 000 €, établissant alors un record mondial et l’enchère la plus haute en France de l’année [9].
Aguttes : Première maison de ventes aux enchères occidentale à avoir exploré et conquis le marché de l’art indochinois, avec une expertise reconnue en porcelaines asiatiques [13].
Cannes Enchères : Propose régulièrement des porcelaines impériales de premier ordre, comme un vase époque Qianlong XVIIIe siècle estimé 300 000 à 400 000 euros [6].
Les services d’expertise disponibles
L’estimation en ligne
La plupart des maisons de vente et experts proposent désormais des estimations en ligne gratuites. Il suffit d’envoyer des photographies claires de la pièce (vue d’ensemble, détails du décor, marque de base, défauts éventuels) accompagnées de toutes les informations disponibles [5].
Les experts examinent ces informations attentivement et fournissent une estimation en ligne précise et professionnelle sous 24 à 48 heures [12].
L’expertise physique
Pour les pièces potentiellement importantes, une expertise physique est recommandée. Les experts se déplacent régulièrement en France, en Belgique et en Europe lors de journées d’expertises gratuites et confidentielles [2].
Les analyses scientifiques
Pour les pièces de très grande valeur, des analyses scientifiques peuvent être réalisées :
- Lampe de Wood (UV) : Révèle les restaurations et repeints
- Thermoluminescence : Permet de dater avec précision la dernière cuisson de la céramique
- Radiographie : Révèle la structure interne et les éventuelles réparations
- Analyse chimique : Confirme la composition des émaux et du corps céramique
Ces analyses, bien que coûteuses, offrent une garantie d’authenticité précieuse pour les investissements importants.
La porcelaine Kangxi dans les collections belges
Un patrimoine historique
La Belgique possède une longue tradition de collectionnisme d’art asiatique. Les contacts commerciaux entre les ports belges et l’Extrême-Orient, notamment via la Compagnie des Indes, ont permis l’arrivée de nombreuses porcelaines chinoises dès le XVIIIe siècle.
Les familles aristocratiques et bourgeoises belges ont constitué des collections importantes, dont certaines se retrouvent aujourd’hui sur le marché. Les successions et partages constituent une source régulière de pièces de qualité.
Le marché belge en 2026
Millon Belgique est particulièrement actif sur ce segment. Un plat de l’époque Kangxi (1662-1722) en porcelaine à décor en émaux de la famille verte d’élégantes et enfants dans un jardin, avec marque à la feuille, a été adjugé 5 200 euros [12].
Les collectionneurs belges bénéficient de la proximité des grandes places de vente européennes (Paris, Londres, Amsterdam) tout en disposant d’experts locaux capables d’effectuer des estimations sur place.
Conseils pratiques pour les collectionneurs
Constituer une collection cohérente
Plutôt que d’acheter des pièces disparates, il est recommandé de définir un axe de collection :
- Thématique : porcelaines d’exportation, paysages, décors floraux
- Typologique : vases, assiettes, objets de lettré
- Chrono logique : se concentrer sur la période Kangxi ou l’étendre aux trois grands règnes Qing (Kangxi, Yongzheng, Qianlong)
- Géographique : porcelaines destinées à un marché spécifique (France, Pays-Bas, etc.)
Documenter ses acquisitions
Chaque pièce devrait être accompagnée de :
- Photographies de qualité (ensemble et détails)
- Certificat d’expertise si disponible
- Facture d’achat avec provenance
- Historique connu de la pièce
- Dimensions et poids précis
- État de conservation détaillé
Cette documentation augmente la valeur de revente et facilite la transmission.
L’assurance
Les porcelaines de valeur doivent être assurées spécifiquement. Les polices d’assurance habitation standard ne couvrent généralement pas adéquatement les objets d’art. Une assurance spécialisée avec expertise préalable est recommandée dès que la valeur de la collection dépasse 10 000 euros.
La conservation
La porcelaine, bien que relativement robuste, nécessite certaines précautions :
- Éviter les variations brutales de température
- Maintenir une humidité relative stable (45-55%)
- Protéger de la lumière directe du soleil qui peut altérer certains émaux
- Manipuler avec des gants propres
- Nettoyer uniquement à l’eau déminéralisée tiède, sans détergent
- Ne jamais utiliser de lave-vaisselle
Un socle adapté et stable est essentiel pour l’exposition des pièces importantes.
Perspectives pour l’avenir
Un marché prometteur
Tous les indicateurs suggèrent que le marché de la porcelaine Kangxi restera dynamique dans les années à venir :
- La demande asiatique continue de croître avec l’augmentation du nombre de collectionneurs fortunés en Chine
- L’institutionnalisation par les musées soutient la légitimité et la valeur de ces objets
- La rareté croissante des pièces disponibles sur le marché maintient une pression à la hausse sur les prix
- L’intérêt des jeunes générations pour l’art et le patrimoine culturel assure un renouvellement du vivier de collectionneurs
Les défis à relever
Le marché devra néanmoins faire face à plusieurs défis :
- La lutte contre les contrefaçons qui devient de plus en plus sophistiquée
- La transparence sur la provenance face aux questions éthiques concernant les pillages historiques
- L’accessibilité pour les nouveaux collectionneurs face à l’inflation des prix
- L’éducation du public pour maintenir l’intérêt et la compréhension de ces objets
Une passion durable
Au-delà de l’aspect investissement, la porcelaine Kangxi offre une richesse esthétique et historique incomparable. Chaque pièce raconte une histoire : celle de l’artisan qui l’a créée, des commanditaires qui l’ont désirée, des voyages qu’elle a effectués, des collections qu’elle a traversées.
Collectionner la porcelaine Kangxi, c’est se connecter à une tradition artistique millénaire, participer à la préservation d’un patrimoine culturel mondial, et enrichir son quotidien de la beauté intemporelle de ces créations exceptionnelles.
Conclusion : le bleu et blanc éternel
En 2026, trois siècles après sa création, la porcelaine bleu et blanc de l’époque Kangxi continue de fasciner et d’inspirer. Son engouement renouvelé témoigne de la qualité exceptionnelle de ces œuvres, de leur beauté intemporelle et de leur importance historique.
Pour les collectionneurs belges, français et européens, c’est le moment idéal pour découvrir ou enrichir une collection. Le marché offre des opportunités à tous les niveaux, des petites pièces accessibles aux chefs-d’œuvre impériaux. La clé du succès réside dans l’éducation, l’expertise professionnelle et une passion authentique pour ces témoignages tangibles de l’âge d’or de la céramique chinoise.
Que vous soyez attiré par la pureté du bleu et blanc, la richesse de la famille verte, ou la rareté des pièces impériales, la porcelaine Kangxi offre un univers de découvertes infinies. Dans un monde en constante mutation, ces objets trois fois centenaires nous rappellent que la beauté et l’excellence transcendent le temps.
Vous possédez une porcelaine chinoise ancienne et souhaitez connaître sa valeur ? L’équipe de Baert Antiquités, spécialiste des arts asiatiques en Belgique, vous propose une estimation gratuite et confidentielle. Nos experts se déplacent à Bruxelles, Anvers, Liège, Gent et dans toutes les grandes villes belges pour expertiser vos porcelaines et objets d’art d’Asie.
Sources
[1] Gauchet Expert – « L’expert Jean Gauchet explique la porcelaine Kangxi », 3 avril 2024 https://www.gauchetexpert.com/post/l-expert-jean-gauchet-vous-explique-la-porcelaine-kangxi
[2] Millon – « Enchères EXTRÊME ORIENT » https://www.millon.com/nos-specialites/extreme-orient
[3] Asium Art – « Estimation Porcelaine chinoise », 9 septembre 2025 https://www.asium-art.com/estimation/estimation-ceramique/porcelaine-chinoise/
[4] Barnebys Magazine – « Zoom: La porcelaine chinoise fait l’objet des plus belles enchères », 23 mars 2018 https://www.barnebys.fr/blog/zoom-la-porcelaine-chinoise-fait-lobjet-des-plus-belles-encheres
[5] Tavel et Simon – « Estimation de porcelaine chinoise : Expertise et cote », 25 février 2025 https://tavel-simon.com/specialites-expertises/estimation-dart-asiatique/porcelaine/
[6] Le magazine des enchères – « Printemps asiatique : le point sur le marché des arts d’Asie », 9 juin 2025 https://magazine.interencheres.com/art-mobilier/printemps-asiatique-le-point-sur-le-marche-des-arts-dasie/
[7] Millon – « Estimation porcelaine bleu blanc », 9 octobre 2024 https://www.millon.com/actualites/estimation-porcelaine-bleu-blanc
[8] Millon – « Estimation de potiche chinoise gratuite », 30 avril 2024 https://www.millon.com/actualites/estimation-de-potiche-chinoise-gratuite
[9] Beaussant-Lefèvre – « Art d’Asie & Extrême orient – Ventes aux enchères » https://www.beaussantlefevre.com/specialite/art-asie-extreme-orient
[10] Oriental Antiques – « Guide d’identification des marques de porcelaine chinoise », 25 novembre 2025 https://orientalantiques.co.uk/fr/non-catégorisé/guide-d’identification-des-marques-de-porcelaine-chinoise/
[11] Auctie’s – « Cote et valeur 2024 des vases en porcelaine… » https://www.aucties.com/guide-encheres/expertise-en-art-asiatique/cote-et-valeur-des-vases-en-porcelaine-de-chine
[12] Tavel et Simon – « Estimation assiettes et plats chinois : prix et cote en 2025 », 14 mai 2025 https://tavel-simon.com/specialites-expertises/estimation-dart-asiatique/estimation-plat-assiette-chinois/
[13] Aguttes – « Estimation Arts d’Asie – Ventes aux Enchères », 21 octobre 2025 https://expertise.aguttes.com/estimation-art-asie/
[14] Asium Art – « Estimation Vase Ancien Chinois », 25 juin 2025 https://www.asium-art.com/estimation/estimation-ceramique/comment-estimer-un-vase-ancien-chinois/



